Comment Se Faire
Aimer Sur Le 2 Mètres
Production Originale: Club Radio Amateur de
Québec Inc. Novembre 1978
Le désire de maintenir
la haute réputation des radioamateurs d'une part et, d'autre part, le nombre
croissant de licenciés opérant sur la bande de deux mètres, ont fait naître chez
plusieurs le souci d'une plus grande discipline d'opération sur les fréquences
VHF.
À cet égard,
plusieurs exploitants de station ont demandé, ou encore exprimé, des avis sur la
question aux associations locales, provinciales et nationales de radioamateur.
En réponse à ces
besoins, le Radio-Club de Québec
a donc tenté dans la présente publication, de répondre à
quelques questions en se basant principalement sur des textes reconnus: lois sur
la radio, publications de L'ARRL, revues "73", etc... et aussi sur les
commentaires d'amateurs chevronnés opérant depuis plusieurs décénies dans nos
régions. CE TEXTE SE VEUT UN GUIDE À LA DISPOSITION DE TOUS LES AMATEURS
ET NON UN CODE DE LOI...
Opération générale
En général, l'opération
sur VHF diffère grandement de celle pratiquée depuis longtemps sur HF,
principalement pour les raisons suivantes:
. Caractère
utilitaire du 2 mètres (Auto-patch, Urgences routières, etc...);
. Opération en
simplex ou via répéteurs;
Ces deux éléments
permettent déja d'esquisser l'éthique qui est mise sur VHF, à savoir:
1. La bande de deux
mètres (comme les autres bandes) est à la disposition de tous les licenciés
mais, le caractère utilitaire spécial du VHF implique que cette bande appartient
surtout à ceux qui en ont besoin soit pour l'urgence des
renseignements routiers ou des trafics particuliers. Par conséquent, si les
fréquences populaires locales sont "Bloquées"
par des monologuistes, les besoins réels sont compromis et la priorité naturelle
n'est pas respectée.
2. L'opération sur VHF
n'est pas aussi flexible que l'opération sur HF, à cause de la canalisation des
fréquences. On ne peut donc pas contourner le QRM en se tassant de quelques
kilohertz.
De plus, à certaines périodes de la journée (sortie des bureaux), il arrive que
les exploitants s' empilent (Pile-ups) sur une ou deux fréquences et se
frustrent mutuellement de ne pouvoir passer leur trafic, alors que 95% de la
bande est muette !!!
Il est donc dans l'intérêt de tous de convenir d'une fréquence d'appel régionale
et de multiplier les fréquences utilisées dans le reste de la bande (simplex).
3. L'existence des
répéteurs augmente grandement le rayon d'action du 2 mètres; ils sont donc très
populaires, peut-être trop d'ailleurs.
On en vient à penser que les appareils VHF ne peuvent opérer que par le biais de
relais... .
Pourtant non, vous pouvez vérifier; les deux mètres peuvent fonctionner en
direct Hi...Hi... .Encore là, nous en arrivons au principe des priorités.
Les répéteurs existent surtout pour ceux qui en ont besoin; les portatifs, les
mobiles et, en général, les stations trop éloignées l'une de l'autre pour opérer
en direct.
On reviendra sur ce sujet plus loin. Ne vous découragez pas !
Situations d'opération
Une fois ces grandes lignes tracées, nous pouvons maintenant examiner plus à
fond les situations d'opération sur VHF
A. Opération en station fixe:
La possibilité d'installer des antennes à gain et la disponibilité
d'alimentation facile permettent des expériences intéressantes de DX et même
d'opération via satellite lorsqu'on opère en station fixe.
Car, il faut s'en souvenir, outre les services en cas d'urgence,
l'expérimentation est un des principaux facteurs qui justifient le
Prévilège que nous avons
d'exploiter notre station.
De plus, l'écoute des fréquences populaires de répéteurs par des stations
fixes doit être fortement encouragée car ces dernières peuvent rendre des
services inestimables aux automobilistes en détresse.
Enfin, les stations fixes sont en général en position d'opérer en direct,
entre elles, pour les QSO banals (rag chewing), laissant ainsi les répéteurs
aux mobiles et portatifs et, utilisant par le fait même un plus fort
pourcentage du beau 4 Mhz à notre disposition.
Pour peu que vous disposiez d'une antenne extérieure sur le toit, des QSO
très clairs avec des stations éloignées de 20 ou même 30 km est monnaie
courante.
Essayez-le, vous verrez !
B. Opération mobile: Sécurité d'abord
. Fixer l'appareil
de façon à pouvoir le manipuler sans avoir à quitter la route des yeux;
.
Placer le micro de sorte que le fil ne croise
pas le volant ou ne vous gêne de quelque façon;
. Ne pas
utiliser l'auto-patch lorsque vous êtes en marche, car cela requiert trop de
concentration hors de la route. Arrêtez-vous, au moins pour composer le
numéro. Cela aura de plus l'avantage d'éviter les faux numéros... Hi... .
La conduite automobile n'est pas une situation de
prédilection pour les longs QSO (ou longue transmission).
En effet, il suffit d'écouter pour se rendre compte que l'interlocuteur,
s'il est prudent, accorde 80% de son intelligence à la conduite et, le reste
à la conversation.
C'est ainsi qu'on peut entendre par exemple:
"Ouais... comme j'te disais Bill... bon eb v'la un fou
qui vient d'me couper... à j'te dis!... (long silence accompagné de bruits
de vent et de moteur)... ouais, en tout cas, j'ai perdu mon idée. VE2XXX de
VE2YYY. Etc... etc... et ces éloquents discours sont évidemment transmis,
via le répéteur le plus surchargé de la région.
À vous de conclure...
L'utilisation d'identification automatique en C.W. dans
les appareils mobiles est fortement encouragée; de cette façon, en cas de
vol, on peut facilement retrouver votre bien, il suffit que le nouveau
propriétaire tente de le mettre en onde.
À ce propos, si un individu non licencié vient sur les ondes du deux mètres,
il est probable qu'il croît utiliser un C.B. .
Si tel est le cas, mettez-le en confiance; utilisez le code 10, demandez-lui
son "Handle" et son "10-21". Ensuite, prévenez les autorités qui se feront
un devoir d'aller visiter le néophyte.
Une remarque en terminant sur l'opération mobile; votre micro, accrochez-le
à portée de la main mais, pour l'amour du ciel, ne le laissez pas errer sur
le siège.
Vous risqueriez de vous asseoir dessus et de faire entendre des bruits
disgracieux, encore retransmis par le répéteur le plus surchargé, pendant un
bon 10 ou 15 minutes d'affilées.
Ce n'est pas la bonne méthode pour se faire aimer... Hi...
C. Opération avec portatif:
Ce sont eux qui ont, techniquement parlant, le plus
besoin des répéteurs.
Laissons-leur une chance.
Lorsque vous utilisez ce genre d'appareils, tenez-le de façon à ce que
l'antenne soit verticale, et autant que possible, évitez de l'utiliser à
l'intétieur d'un bâtiment car cela contribue pour beaucoup à la médiocre
qualité du signal, écorchant ainsi les oreilles des pauvres stations
monitrices.
De plus, lorsque vous êtes chez-vous, ou encore, à proximité d'un téléphone,
évitez si possible d'utiliser l'auto-patch avec votre portatif.
Le téléphone est à votre disposition exclusive, l'auto-patch, non; il
appartient à la collectivité, laissez-le à ceux qui en ont besoin.
D. Utilisation des répéteurs
Nous avons déjà noté quelques principes concernant
l'opération via répéteur dans les sections précédentes, nous nous
contenterons donc ici, de résumer et d'ajouter quelques remarques
importantes.
Un répéteur est une station radio exploitée par un détenteur de licence, au
même titre que les stations personnelles. Par conséquent, losque vous utilisez un répéteur, vous vous servez de la
station d'un autre amateur.
Vous comprendrez, dans ces circonstantes, que les règles de courtoisie
doivent être respectées à la lettre, si vous faites mauvais usage d'un
répéteur, le détenteur de la licence du répéteur risque d'être tenu
également responsable de vos écarts; c'est donc une bien mauvaise façon de
le remercier des installations qu'il met
gracieusement à
votre disposition. Par comparaison, imaginez qu'un voyageur en difficulté,
gracieusement invité à dormir chez-vous, fasse un tel chahut que la police
doit intervenir; seriez-vous tenté de jeter l'intrus dehors?
Probablement. Et bien, en radio, c'est la même chose.
Il existe, dans les régions métropolitaines des répéteurs à accès limité
dont l'usage est résevé aux seuls membres de tel ou tel club; membres qui
doivent s'en tenir à des règles strictes d'opération, sinon, privilège
suspendu ou même révoqué.
Heureusement, la qualité et les hautes traditions de courtoisie des amateurs
canadiens nous éviteront sûrement d'en arriver à de tels procédés.
Note importante
Également, toujours dans l'optique de la courtoisie et du
respect des autres, que penser du "Kerchunker",
c'est-à-dire du triste sire qui, par coup de PTT,
déclenche un répéteur (ou plusieurs répéteurs reliés), fait retentir
l'identificateur automatique puis, laisse retomber le tout sans avoir
prononcé la moindre syllabe?
Quel communicateur!
Cette manie, est non seulement détestable, mais elle constitue une pratique
ILLÉGALE.
Alors, avis aux intéressés et gare à vos doigts car les dispositifs de
détection électronique permettent maintenant de localiser avec grande
précision l'origine d'une transmission même de quelques milli-secondes.
Aucun motif n'excuse le "Kerchunk".
Si vous désirez vérifier la bonne marche d'un répéteur , ou encore
l'intensité du signal reçu, IDENTIFIEZ-VOUS.
Vous ferez alors d'une pierre deux coups, car, sachant que vous êtes à
l'écoute, les trafics qui vous sont destinés pourront vous être transmis.
Par contre, si vous actionnez le PTT par accident, là encore,
IDENTIFIEZ-VOUS en vous excusant de l'évènement produit.
Ça, c'est un AMATEUR responsable.
Définition du mot "Kerchunk":
Ce mot vient du bruit que faisaient des gros "relays" dans les anciens
transmetteurs a lampes, il y a plusieurs années.
E. Utilisation de l'Auto-patch
En plus des remarques citées dans les lignes précédentes
sur ce sujet, soulignons ici quelques éléments importants:
L'usage de l'auto-patch, tout comme pour le répéteur ordinaire, est un
prévilège spécialement prévu pour les stations mobiles ou portatives.
Mais notons que ce type de liaison radio-téléphone est plus spécialement
visé par l'article 52.2 du règlement général sur la radio. En vertu de cet article, les communications à caractère commercial ne sont
pas autorisées sur les bandes d'amateur.
Sur ce sujet, dans le cas équivoque, c'est le détenteur de la licence du
répéteur auto-patch qui a raison; souvenez-vous, vous utilisez sa station,
alors ayez la délicatesse de lui donner "raison
chez-lui", même si vous ne
partagez pas son opinion.
Et, de grâce, évitez de récidiver plus tard en espérant que la station de
contrôle ne sera pas à l'écoute.
Rappelez-vous, pas de polémiques sur les ondes... on nous écoute!
F. Procédure d'utilisation d'un Auto-patch
La procédure demandée pour utiliser l'auto-patch est
normallement la suivante:
(1)
Identification en phonétique claire de l'utilisateur suivi du mot "
Auto-patch ";
(2) Commande
d'ouverture de la ligne téléphonique par l'étoile (*);
(3) Composition
d'un seul trait du numéro désiré;
(4) Après
l'appel, fermez la ligne par le Tic-Tac-Toe (#).
Assurez-vous que le répéteur retombe en mode normal;
(5)
Identifiez-vous clairement à nouveau suivi de la mention "Auto-patch
terminé".
Enfin, concluons que l'auto-patch n'est pas un jouet,
mais bien un outil puissant qui peut rendre d'inestimables services, à
condition que la ligne soit libre au moment opportun.
Donc, un usage judicieux et des appels très courts sont de mise.
Défauts à éviter
En terminant cette brochure, nous essayons de décrire, d'une
façon caricaturale, les principaux défauts à éviter pour être aimé sur le 2
mètres.
Le répéteur
humain:
C'est celui qui répète toujours deux ou trois fois sa phrase pour
transmettre le plus longtemps possible...
Le
freineur (Breaker):
Celui qui entre dans un QSO en employant le mot "Break" ou qui termine
chaque transmission par ce mot, au lieu de s'identifier.
Le mot "Break" ne doit servir qu'en cas d'urgence.
Pour entrer dans un QSO, attendre une pause, puis identifiez-vous.
L'impérialiste: Voudrait couvrir la terre de ses ondes même s'il appelle l'amateur d'à côté.
Utilise généralement le répéteur le plus puissant même si sa station
transmet à des puissances élevées. On peut aussi entrer dans cette catégorie des mobiles qui
se suivent en "Jasant"
entre eux par radio, et utilisent le plus fort répéteur de la région au lieu
d'opérer en "Simplex".
Le monologuiste:
Celui qui raconte sa vie en détail à chaque transmission; il fait toujours
sauter le relais temporisé (Time out) du répéteur et doit donc reprendre son
histoire à la transmission suivante.
Une telle personne n'a pas besoin d'interlocuteur... elle se débrouille fort
bien toute seule mais devrait le faire en direct pour ne pas trop
monopoliser les répéteurs.
Le "Ping-Pong" radio:
Ceux qui laissent une pause inférieure à une milli-seconde entre la fin de
la transmission écoutée et le début de la leur.Ce sont des rapides du PTT et ils s'entrainent en jouant au ping-pong sur la
TV... .
De grâce, laissez de longues pauses entre les transmissions. En fin, on peut dire que plusieurs changeraient leurs
habitudes d'opération s'ils s'enregistraient.
Souvenez-vous, si vous êtes ennuyeux, c'est comme la mauvaise haleine,
personne ne vous le dit, mais tous se sauvent.
-
En résumé
Soyons brefs et courtois.
Laissons de bonnes pauses entre chaque transmission.
Ne lançons pas de polémique sur les ondes et souvenons-nous que, pour
quelques dollars, le premier venu peut se procurer un récepteur qui capte
nos bandes.
Plusieurs le font. Lorsque vous prenez le micro, c'est la réputation de
toute une collectivité que vous tenez dans votre main.
Cette collectivité des amateurs mérite votre respect et désire vous
conserver son estime.
A vous d'en être digne.
Référence
The Radio Amateur Handbook, ARRL, pp.649.
FM and Repeaters, ARRL, pp. 218-220.
Repeater Atlas of the World, 73 Inc., pp.8-9.
Toutes reproductions pour fins explicites et informatives
sont autorisées par le Club Radio Amateur de Québec Inc.
Exécutif, novembre 1978.